La carrière universitaire est un parcours semé d’embuches.

Une préoccupation importante des chercheurs (ou plutôt des universitaires) est de publier dans une revue avec l’impact factor le plus élevé. Mais pourquoi cette obsession ?

Tout est question d’argent et de renommée :

  • Les unités de recherche de gagnent de l’argent pour chaque point SIGAPS : 1 point = 750 euros environ (par an pour une période de 4 ans)
  • Les chercheurs gagnent en notoriété leur permettant postuler à des postes universitaires. Les candidats MCU (Maître de Conférence des Universités) avaient au moins 200 points SIGPAS et les candidats PU au moins 400.

 

La bibliométrie

La bibliométrie est l’application de méthodes statistiques et mathématiques pour mesurer, évaluer, étudier, la production et la diffusion d’ouvrages, d’articles et d’autres publications. Les indicateurs issu de la bibliométrie permettent de classer les chercheur et les organisations. Un guide détaillé à été élaboré par l’Université de Bretagne .

I. Les points SIGAPS

Le SIGAPS (Système d’Interrogation, de Gestion et d’Analyse des Publication Scientifiques) permet de calculer de nombre de point que gagne chaque chercheur, service ou université grâce à une publication. Le score SIGAPS d’un chercheur, d’un service ou d’un CHU correspond à la somme des scores de tous ses articles.

L’équation pour calculer les points SIGAPS est la suivante :

Score SIGAPS pour 1 article = coefficient catégorie x coefficient position.

  • Plus la revue est importante, plus son IF sera élevé, plus la catégorie sera élevée, plus elle fait gagner des points.
  • Plus votre nom est bien placé dans la publication (début ou fin), plus vous gagnez des points.

A. Le financement de la recherche

Avant 2007, le financement des CHU (Centres Hospitalo-Universitaires) dépendait d’une enveloppe forfaitaire représentant 10,5 à 13% du budget du CHU.

En 2007 est apparu le modèle MERRI ( Missions d’Enseignement de Recherche de Référence et d’Innovation) modifiant les modalités de financement. Il comprend une part :

  • Fixe pour couvrir les surcoûts liés au temps attribués à l’enseignement et la recherche déduit du temps médical.
  • Variable   couvrant les structures d’appui à la recherche clinique (CIC, DRCI), les PHRC (Programme Hospitalier de Recherche Clinique), l’enseignement et la formation des personnels, les activités hautement spécialisées, les activités de soins réalisées à des fins expérimentales, la réalisation de soins non couverts par les nomenclatures ou les tarifs (ex : Autorisation Temporaire d’Utilisation, Biologie Hors Nomenclature).
  • Modulable dépendant des publications, du nombre d’étudiants, des brevets et des scores liés aux essais cliniques.

Développé par le CHU de Lille en 2002, le Système d’Interrogation, de Gestion et d’Analyse des Publication Scientifiques SIGAPS permet de recenser et évaluer automatiquement les références bibliographiques produite par un chercheur ou une unité de recherche, à partir de la base Medline (Pubmed). Il a été adopté en 2007 pour évaluer les publications scientifiques de la partie “modulable” du MERRI.

En revanche, les Départements de Médecine Générale ne sont pas sujets au MERRI et ne dépendent pas du SIGAPS pour leur financement. De plus, la médecine générale qui dispose désormais de sa propre sous-section au CNU, ne prend pas compte des points SIGAPS dans la nomination de ses universitaires.

B. Le référencement des publications

Le logiciel interroge la base de données Medline à partir de PubMed. Chaque chercheur est identifié avec son nom et son initial. Le logiciel télécharge les citations correspondantes pour valider ce référencement en 2 étapes :

  • Informatique : en recoupant des informations telles l’établissement
  • Manuelle : à partir d’une liste de publications présélectionnées, le chercheur validera annuellement les publications dont il est bien l’auteur.

C. Le calcul du score SIGAPS

Le logiciel va permettre de calculer un score pour l’établissement, le service, le chercheur. Il est calculé annuellement basé sur :

  • Le nombre de publication
  • La qualité de la revue à travers l’impact facteur “relatif”
  • La position de l’auteur dans la publication

1. La qualité de la revue

Elle est évaluée par l’impact factor d’une revue (issu du JCR, cf au chapitre correspondant) au sein d’une discipline (issu du CNU, Conseil National des Universités). En effet, la difficulté à publier dans une revue d’impact factor (IF) élevé dépend de la discipline.

Les revues sont classées en 5 catégories (de A à E) en fonction de leur IF.

Il existe une 6ème catégorie appelée NC (Non Classée), correspondant aux revues n’ayant pas d’IF (non classée sur JCR). Ces revues représentent 12% des articles publiés, et correspondent à :

  • Surtout les publications dans des revues françaises qui sont souvent très peu référencées dans le JCR.
  • Les publications de revues récentes ( <2-3 ans) car l’IF se calcule sur plusieurs années.
  • Certaines publications lors de congrès référencés sur PubMed (proceeding) mais non référencées dans le JCR.

Pour chaque discipline, on calcule plusieurs indices de position de l’IF : le 1er quartile (Q1), la médiane (ou 2ème quartile), le 3ème quartile (Q3) et 90ème percentile (P90). On regarde ensuite où se trouve l’IF de la revue dans laquelle on a publié, ce qui permet de déterminer la catégorie de la revue. Le classement SIGAPS des revues est accessible sur le site de votre CHU, par déduction, les généralistes n’ont pas de classement SIGAPS.

IF categorie SIGAPS

Chaque catégorie correspond à un nombre de points :

Catégorie de la revue     A     B     C     D     E     NC
Nombre de points 8 6 4 3 2 1

2. La position de l’auteur

Certaines positions sont stratégiques lors de la publication d’un article. En fonction du placement de son nom dans les auteurs, le nombre de point se différent :

Position de l’auteur 1er 2ème 3ème Autre Avant dernier Dernier Investigateur
Nombre de points 4 3 2 1 3 4 1

Cas particulier :

  • Si plusieurs auteurs d’une même équipe se trouvent dans un article, on prendra seulement le score le plus élevé.
  • Si 2 auteurs sur une même publication font partie d’un pôle différent au sein d’un CHU, chaque pôle pourra comptabiliser ses scores mais le CHU ne comptera que le meilleur.

 

II. SAMPRA

SAMPRA est un nouvel outil bibliométrique complémentaire au SIGAPS en cours de développement au CHU de Lille .

 

Il permet de mieux recenser les publications d’un établissement (et non pas d’un chercheur seul).

Alors que SIGAPS est plus orienté pour les hôpitaux, SAMPRA concerne plutôt les universités et établissement de recherche.

Il a l’avantage :

  • d’apporter une meilleur visibilité des établissements, des unités et des chercheurs.
  • D’harmoniser l’indexation des auteurs pour qu’ils soient mieux référencés
  • De couvrir un domaine de recherche plus large en interrogeant aussi le Web of Science Core Collection (Thomson Reuters) alors que SIGAPs n’interroge que PubMed.
  • De mieux identifier les auteurs en utilisant l’ORCID et le ResercherID.

En revanche :

  • Il ne concerne pas les chercheurs indépendant ou les maison de santé universitaire à moins d’avoir une activité de publication suffisamment important
  • Il ne prend toujours pas en compte l’activité d’enseignement des chercheurs
  • Il n’influe pas sur l’attribution des crédits MERRI